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L'oxygène des océans décline et favorise la surpêche

Ce contenu est, implicitement ou non, plutôt défavorable au changement de statut des animaux en tant qu’êtres soumis aux caprices de la brutalité humaine.
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 8 janvier 2018
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Il y a plus de 10 ans, Eric Prince étudiait la migration des poissons marqués quand il a remarqué quelque chose d’étrange.

Il y a plus de 10 ans, Eric Prince étudiait la migration des poissons marqués quand il a remarqué quelque chose d’étrange.

Les makaires bleus (Makaira nigricans) plongeaient à 80 mètres de profondeur pour chasser au large des côtes sud-est des États-Unis, alors que cette espèce chasse d’ordinaire près de la surface, plongeant rarement à plus de 30 mètres.

(…)

Les makaires bleus ne cherchaient pas de nouvelles proies : ils évitaient simplement la suffocation, en évitant les pans d’eau contenant trop peu d’oxygène. Cette découverte était l’une des premières à démontrer l’adaptation des espèces marines à une nouvelle réalité : le changement climatique responsable de la baisse du taux d’oxygène en haute mer. 

(…)

Le makaire bleu (ou marlin bleu) doit, dans certaines zones, plonger plus profond pour chasser afin d'éviter la suffocation. (Crédits : Gastronomiac)

Denise Breitburg est l’auteure principale d’une nouvelle étude publiée jeudi 4 janvier dernier dans la revue Science, qui a passé au crible toutes les recherches majeures conduites sur la perte d’oxygène dans les océans. Les auteurs des études concluent que ce phénomène vide des régions océaniques entières de leurs habitants, transformant durablement les chaînes alimentaires marines et augmentant les risques de surpêche. Tout comme le réchauffement de l’eau et l’acidification des océans, la perte d’oxygène est l’une des conséquences majeures du changement climatique, mais cette dernière est sans doute la moins bien comprise du grand public.

« La perte d’oxygène détruit de bien des manières l’écosystème marin » explique Denis Breitburg. « Si nous créions de vastes aires inhabitables sur terre, nous le remarquerions sans doute davantage. Mais ce genre de phénomènes est plus difficilement perceptible dans l’océan. »

Déperdition accélérée lors du dernier demi-siècle

La recherche de Denise Breitburg ne se focalise pas seulement sur les « zones mortes côtières », comme par exemple le Golfe du Mexique, très pollué, mais s’intéresse aussi aux étendues d’eaux profondes peuvent s’étendre sur plusieurs milliers de kilomètres.

Ces zones où l’oxygène est rare se créent naturellement, mais se sont étendues sur plus de 4.5 millions de kilomètres carrés – soit à peu près la taille de l’Union Européenne – et ce seulement depuis la moitié du 20e siècle. Ce phénomène a été aggravé par la hausse des températures.

Les eaux plus chaudes contiennent tout simplement moins d’oxygène. Elles incitent toutes les créatures marines, microbes compris, à consommer plus d’oxygène. Le changement climatique réchauffant les océan de la surface aux profondeurs, il devient difficile pour l’oxygène frais de se mêler aux couches marines plus profondes et pauvres en oxygène.

(…)

Une aire au sud de la Californie a vu le taux d’oxygène baisser de 30 % en moins de 25 ans. Une zone pauvre en oxygène de l’Océan Atlantique bordant les côtes africaines et aussi large que les États-Unis, s’est étendue de 15 % depuis les années 1960.

En fait, les océans de notre planète ont perdu près de 2 % de leur oxygène en tout juste 50 ans, quand le nombre de zones maritimes complètement dénuées d’oxygène a quadruplé, toujours selon cette même étude. Les scientifiques peuvent désormais identifier 500 sites côtiers où les niveaux d’oxygène sont extrêmement bas.

Bouleversement progressif de la vie marine

Pour certaines créatures marines, un niveau bas d’oxygène peut avoir de graves conséquences sur la reproduction, l’espérance de vie et le comportement animal.
Même de courtes expositions peuvent changer durablement un système immunitaire. Les eaux pauvres en oxygène peuvent même affecter les futures générations animales en altérant l’expression génétique chez les poissons et les autres créatures marines.

Le changement climatique force déjà toutes les espèces, des thons aux requins en passant par les harengs, les maquereaux et les morues du Pacifique, à se déplacer en bancs plus petits dans les eaux riches en oxygène près de la surface. La concentration de ces espèces les rend plus vulnérables à la pêche, aux oiseaux et aux autres prédateurs.

L’équipe de Denise Breitburg a par ailleurs démontré que la perte d’oxygène était vérifiable dans certaines zones reproductives comme celles de la côte ouest des États-Unis et d’Amérique du Sud, où les vents repoussent les eaux froides à la surface. 

La perte d’oxygène n’est pas un phénomène isolé. La hausse des températures de l’eau à elle seule menace la biodiversité marine, tout comme l’acidification causée par une augmentation de la concentration de dioxyde de carbone dans l’eau. Mais les menaces sont d’autant plus redoutables qu’elles se combinent.

(…)

De plus, les zones pauvres en oxygène semblent produire leur propre gaz à effet de serre, ce qui pourrait aggraver un peu plus le changement climatique.

Article indexé par Franck Isaac
Article traduit par Franck Isaac
La pétition en ligne ici
Crédits : SYMPA
Auteur(s)
Craig Welch
Auteur(s) de l'oeuvre
Publication complète
Revue-Source
Titre, chapô, images, intertitres, infobulles
sont composés / sélectionnés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)
Morceaux choisis
Les makaires bleus ne cherchaient pas de nouvelles proies : ils évitaient simplement la suffocation, en évitant les pans d’eau contenant trop peu d’oxygène. Cette découverte était l’une des premières à démontrer l’adaptation des espèces marines à une nouvelle réalité : le changement climatique responsable de la baisse du taux d’oxygène en haute mer. 
ce phénomène vide des régions océaniques entières de leurs habitants, transformant durablement les chaînes alimentaires marines et augmentant les risques de surpêche.
Ces zones où l’oxygène est rare se créent naturellement, mais se sont étendues sur plus de 4.5 millions de kilomètres carrés – soit à peu près la taille de l’Union Européenne – et ce seulement depuis la moitié du 20e siècle.
En fait, les océans de notre planète ont perdu près de 2 % de leur oxygène en tout juste 50 ans, quand le nombre de zones maritimes complètement dénuées d’oxygène a quadruplé, toujours selon cette même étude.
La perte d’oxygène n’est pas un phénomène isolé. La hausse des températures de l’eau à elle seule menace la biodiversité marine, tout comme l’acidification causée par une augmentation de la concentration de dioxyde de carbone dans l’eau. Mais les menaces sont d’autant plus redoutables qu’elles se combinent.
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Auteur(s)
Craig Welch
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Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)
Les makaires bleus ne cherchaient pas de nouvelles proies : ils évitaient simplement la suffocation, en évitant les pans d’eau contenant trop peu d’oxygène. Cette découverte était l’une des premières à démontrer l’adaptation des espèces marines à une nouvelle réalité : le changement climatique responsable de la baisse du taux d’oxygène en haute mer. 
ce phénomène vide des régions océaniques entières de leurs habitants, transformant durablement les chaînes alimentaires marines et augmentant les risques de surpêche.
Ces zones où l’oxygène est rare se créent naturellement, mais se sont étendues sur plus de 4.5 millions de kilomètres carrés – soit à peu près la taille de l’Union Européenne – et ce seulement depuis la moitié du 20e siècle.
En fait, les océans de notre planète ont perdu près de 2 % de leur oxygène en tout juste 50 ans, quand le nombre de zones maritimes complètement dénuées d’oxygène a quadruplé, toujours selon cette même étude.
La perte d’oxygène n’est pas un phénomène isolé. La hausse des températures de l’eau à elle seule menace la biodiversité marine, tout comme l’acidification causée par une augmentation de la concentration de dioxyde de carbone dans l’eau. Mais les menaces sont d’autant plus redoutables qu’elles se combinent.
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