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Les nouvelles mesures d'effarouchement de l'ours de Pyrénées en Ariège

Ce contenu est, implicitement ou non, plutôt défavorable au changement de statut des animaux en tant qu’êtres soumis aux caprices de la brutalité humaine.
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Article-source publié le
 30 juin 2019
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Un ours brun des Pyrénées. (Crédits : Maxppp - Philippe Clément / BELPRESS)
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La feuille de route « ours et pastoralisme » a accouché d’une souris. Ou plutôt d’une « usine à gaz » selon l’expression même de  Philippe Lacube, le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, qui attendait plus de l’arrêté ministériel publié samedi 29 juin au journal officiel.

La feuille de route « ours et pastoralisme » a accouché d’une souris. Ou plutôt d’une « usine à gaz » selon l’expression même de  Philippe Lacube, le président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, qui attendait plus de l’arrêté ministériel publié samedi 29 juin au journal officiel.

Jusqu’au 1er novembre 2019, l’Etat autorise l’effarouchement des ours bruns dans trois cas de figure : l’absence persistante de fuite lors de rencontres avec l’homme, les attaques répétées d’un troupeau le jour malgré la présence du berger… et l’alimentation régulière à partir de nourriture d’origine humaine.
Un décret inutile pour Philippe Lacube.

« J’aurais trouvé la mesure d’effarouchement proposée intéressante si l’Etat avait ajouté un protocole de nourrissage par charnier pour vraiment fixer les ours. Mais l’effarouchement seul, avec si peu de moyens, comment voulez-vous que ça marche ? C’est très limité et très incomplet. D’un côté, vous avez 12 agents de l’ONCFS plus quatre vacataires et deux effaroucheurs pour aller de la limite du Quérigut à Sentein, pour ne pas dire Saint-Lary. De l’autre, vous avez des bergers autorisés à procéder à des tirs d’effarouchement à condition qu’ils aient fait une demande écrite après avoir subi deux attaques dans un délai d’un mois ! (…) » Ce sera vraisemblablement plus facile pour eux de former les effaroucheurs que d’être à la manoeuvre.

Schizophrénie d'Etat

Qui alors pour effaroucher les ours un peu trop gourmands?
Pas les lieutenants de louveterie, compte tenu des tracasseries administratives subies par un des leurs à cause de son chien retrouvé sur un terrain privé. (…) Eux boycottent, les bergers aussi. Les chasseurs ont déjà fait part de leurs réserves par la voix de Jean-Luc Fernandes.

L’heure est donc plutôt à l’amertume pour Philippe Lacube qui voit dans cet arrêté le résultat de la «schizophrénie » de l’Etat : « On a mis de l’argent pour réintroduire les ours, aujourd’hui pour les effrayer. C’est n’importe quoi. » Sa conclusion est la même depuis des mois : « Ce qui est sûr, c’est que ça va mal finir. »

Un pessimisme que l’on retrouve aussi du côté des défenseurs de l’ours, notamment l’association FERUS qui, pour ce qui est de l’effarouchement, dénonce une « mesure aussi inutile que dangereuse pour les ours », estimant que «aucune des mesures annoncées n’est de nature à améliorer la cohabitation entre l’élevage et l’ours ».
Au contraire, « elles ne feront que l’empirer, en plus de mettre en péril la vie des ours présents dans les Pyrénées ».

Batterie de moyens d'effarouchement

Pour la mise en œuvre de l’effarouchement simple (survenance d’au moins une attaque sur l’estiveL’estive est la période de l’année où les troupeaux paissent sur les pâturages de montagne. Par métonymie, c’est aussi le pâturage de montagne et la garde du troupeau en montagne. (Wikipédia) au cours de l’année précédant la demande ou d’au moins quatre attaques cumulées sur l’estive au cours des deux années précédant la demande), tout éleveur, groupement pastoral ou gestionnaire d’estive peut déposer auprès du préfet une demande de dérogation en vue de l’utilisation des moyens d’effarouchement olfactifs, sonores et lumineux suivants :

Moyens lumineux : torches, phares ; signaux lumineux de toute nature ; guirlandes lumineuses.
Moyens sonores: effaroucheurs sonores de toute nature ; cloches ; sifflets ; pétards ; corne de brume ; sirènes ; avertisseurs ; porte-voix ; canon à gaz électronique ; lance-fusée (crépitante ou détonante).

Pour la mise en œuvre de l’effarouchement renforcé, tout éleveur, groupement pastoral ou gestionnaire d’estive peut déposer une demande de dérogation, permettant le recours à l’effarouchement par tirs non létaux de toute arme à feu chargée de cartouches en caoutchouc ou de cartouches à double détonation.
Cette demande peut être présentée dès la deuxième attaque intervenue dans un délai inférieur à un mois malgré la mise en œuvre effective de moyens d’effarouchement sonores, olfactifs et lumineux au cours de cette période.

L’arrêté ministériel paru au Journal officiel est à retrouver en cliquant ici.

Article indexé par Franck Isaac
Article traduit par Franck Isaac
La pétition en ligne ici
Auteur(s)
Béatrice Dillies
Auteur(s) de l'oeuvre
Publication complète
Titre, chapô, images, intertitres, infobulles
sont composés / sélectionnés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)
Morceaux choisis
J’aurais trouvé la mesure d’effarouchement proposée intéressante si l’Etat avait ajouté un protocole de nourrissage par charnier pour vraiment fixer les ours. (Philippe Lacube)
« On a mis de l’argent pour réintroduire les ours, aujourd’hui pour les effrayer. C’est n’importe quoi. »
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J’aurais trouvé la mesure d’effarouchement proposée intéressante si l’Etat avait ajouté un protocole de nourrissage par charnier pour vraiment fixer les ours. (Philippe Lacube)
« On a mis de l’argent pour réintroduire les ours, aujourd’hui pour les effrayer. C’est n’importe quoi. »
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