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Le deuil chez nos animaux de compagnie

Ce contenu est, implicitement ou non, plutôt défavorable au changement de statut des animaux en tant qu’êtres soumis aux caprices de la brutalité humaine.
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 4 août 2018
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Un animal de compagnie a souvent un lien très fort avec les autres êtres vivants partageant son foyer. Lʼun des plus bouleversants exemples est sans doute lʼhistoire de Hachikō, un Akita Inu né au Japon dans les années 20. Habitué à aller chaque soir attendre son propriétaire dans une gare tokyoïte, après la mort de lʼhomme, il a maintenu ce rituel pendant près de dix ans.

Au fil du temps, de multiples cas de ce type ont fait parler dʼeux dans le monde entier, de lʼÉquateur à la Russie en passant par la Chine. On ne manque jamais dʼêtre ému par ces marques de loyauté, de dévouement et de douleur. Si certains remettent en question la réalité de ce chagrin, de nombreux spécialistes en sont bel et bien convaincus.

« Les bêtes peuvent connaître différents degrés de deuil lorsque leur maître ou un autre animal de la maison vient à mourir », nous confirme la comportementaliste animalière australienne Kate Mornement. « Autrefois, notre connaissance de ce phénomène ne reposait que sur lʼobservation. Mais aujourdʼhui, nous en avons des preuves scientifiques, aussi bien chez des chats que des chiens. »

Et les mêmes manifestations de douleur ont été notées chez dʼautres types dʼanimaux domestiques comme les lapins, les chevaux et les oiseaux. Bien sûr, tous les animaux ne connaissent pas le deuil, et leurs réactions varient dʼun spécimen à lʼautre. 

(…)

Statue-Hachiko
Le chien Hachiko est connu pour avoir, pendant près de dix ans, attendu quotidiennement son maître à la gare de Shibuya (Tokyo, Japon) après la mort de ce dernier, comme il le faisait auparavant quand il rentrait du travail.
Abattements

« De manière générale, ils peuvent manger moins ou pas du tout, cesser de jouer, chercher partout leur compagnon dʼun air abattu — par exemple en marchant lentement, la tête et la queue basse —, paraître ailleurs et peu enclins à se livrer à une quelconque activité. Lʼun des chiens avec lesquels jʼai vécu, animal extrêmement joueur, sociable et doté dʼun solide appétit, est soudainement devenu léthargique et nʼa plus rien avalé pendant deux jours après la mort de son compagnon canin. »

Kate Mornement est dʼaccord: les changements de comportement sont le signe le plus évident quʼun animal traverse un deuil.

« Ils peuvent perdre lʼappétit, se rendre sans cesse aux endroits où le disparu avait lʼhabitude de dormir ou de se détendre, réclamer davantage dʼattention et dʼaffection, gémir ou miauler très souvent, dormir davantage. Les chats et les chiens ont en fait des attitudes très similaires. »

Pour autant, ces réactions ne peuvent être mises en parallèle avec celles dʼun être humain. Le chien du professeur BekoffProfesseur émérite dʼécologie et de biologie évolutive à lʼuniversité du Colorado à Boulder et auteur de « Canine Confidential: Why Dogs Do What They Do », par exemple, a retrouvé un comportement normal au bout de quatre jours seulement.

Le lien et la sociabilité

Kirstin McMillan, fille et petite-fille de dresseur dʼanimaux exerçant elle-même ce métier à Los Angeles, nous explique que les espèces les plus sensibles à la perte dʼun être cher sont celles qui obéissent à des structures sociales complexes, telles que les primates, les éléphants et les chiens. Pour ces derniers, lʼintensité de lʼémotion dépend des liens avec la personne ou lʼanimal décédé. Le manque sera plus fort lorsque le canidé a passé toute sa vie à son contact, voire est issu de la même portée.
« La tristesse du chien est manifeste; il erre dans la maison dʼun air déprimé. Son aura est dʼun gris blafard, loin de lʼénergie vibrante quʼil devrait normalement exprimer. Il joue aussi beaucoup moins. »

Nombre de seniors, à la retraite et parfois veufs, passent la majeure partie de leur temps avec leur compagnon à quatre pattes, ajoute-t-elle. À leur décès, lʼanimal est dʼautant plus éprouvé. « Cʼest comme si son univers entier lui était soudain retiré. »

Les chats présentent aussi des réactions similaires. « Certains se replient sur eux-mêmes, se montrent agressifs envers les autres félins de la maison ou avec la personne qui sʼen occupe », déclare Carole Wilbourn, psychologue animalière new-yorkaise spécialiste de cette espèce. Selon elle, beaucoup peuvent arrêter de manger ou adopter un comportement destructeur après la perte dʼun être cher.
« Dʼautres tombent malades. La tension accumulée peut jouer sur leur vessie, si bien quʼils cessent dʼutiliser leur litière. La séparation leur provoque une telle angoisse quʼun problème dʼordre comportemental ou émotionnel débouchera finalement sur des complications médicales. Sʼils avaient déjà des soucis de santé, ceux-ci risquent de sʼaggraver. »

Résiliences

Pour aider votre animal à traverser une telle perte, plusieurs approches sʼoffrent à vous.

(…)

Pour Kirstin McMillan, le deuil dʼun animal est plus lié au bouleversement de ses habitudes quʼà une émotion très profonde.

« Mon approche consiste à changer son quotidien du tout au tout ». Si dans la période précédant le décès, le chien prenait généralement son petit déjeuner, passait un temps à lʼintérieur, puis était sorti, la dresseuse prépare un tout autre programme. Elle lui fait dʼabord emprunter un chemin inconnu pour sa promenade, puis, de retour à la maison, lui donne à manger dans une autre pièce avant de modifier aussi ses activités suivantes.
« On crée ainsi une nouvelle routine. Or, la place occupée par la personne ou lʼanimal disparu repose sur des habitudes partagées. Éliminer celles-ci permet au chien de moins ressentir lʼabsence. Il nʼoubliera pas complètement, mais y sera moins focalisé. »

Pour elle, lʼhistoire de Hachikō est un excellent exemple du pouvoir des habitudes. « Dʼoù lʼimportance de changer complètement le quotidien pour permettre au chien dʼêtre ancré dans lʼinstant présent. Le but est de le pousser à réagir, avancer et bâtir une nouvelle vie. Les animaux ont une grande résilience, sur laquelle il convient de vous appuyer. »

Dans le cas du décès dʼun autre chien, la dresseuse conseille de changer de panier en raison des odeurs, qui stimulent la mémoire. Il est aussi important, si possible, de laisser votre compagnon survivant passer un peu de temps avec celui que vous venez de perdre.

« Si vous devez faire piquer un de vos animaux domestiques, envisagez de le faire en présence de lʼautre. Laissez-le passer un peu de temps auprès du corps, le sentir. Il reconnaîtra la présence de la mort. Le même conseil sʼapplique pour une personne humaine, si les circonstances le permettent. Vous éviterez ainsi que lʼanimal se demande où elle est passée. »

Au final, le point principal reste dʼêtre tout simplement présent.

« Vous pouvez lʼaider à traverser un deuil en étant là pour passer du temps avec lui », dit Kate Mornement. « Au fil du temps, sa peine sʼatténuera. Pratiquer des activités quʼil apprécie — jeux, promenades — sera aussi utile. La perte dʼun compagnon bien-aimé peut être profondément perturbante pour un animal. En lui témoignant toute votre compassion, vous lʼaiderez à apprendre à vivre sans lui. »

« Entourez-le dʼamour et de réconfort. Assurez-vous quʼil se sente en sécurité, et quʼil perçoive bien à quel point vous tenez à lui et êtes là pour le soutenir », conclut Marc Bekoff.

Auteur(s)
Caroline Bologna
Auteur(s) de l'œuvre
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Titre, chapô, images, intertitres, infobulles sont composés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)

Morceaux choisis
Autrefois, notre connaissance de ce phénomène ne reposait que sur lʼobservation. Mais aujourdʼhui, nous en avons des preuves scientifiques, aussi bien chez des chats que des chiens.
les espèces les plus sensibles à la perte dʼun être cher sont celles qui obéissent à des structures sociales complexes, telles que les primates, les éléphants et les chiens
beaucoup peuvent arrêter de manger ou adopter un comportement destructeur après la perte dʼun être cher
Si vous devez faire piquer un de vos animaux domestiques, envisagez de le faire en présence de lʼautre. Laissez-le passer un peu de temps auprès du corps, le sentir. Il reconnaîtra la présence de la mort.
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sont composés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)

Autrefois, notre connaissance de ce phénomène ne reposait que sur lʼobservation. Mais aujourdʼhui, nous en avons des preuves scientifiques, aussi bien chez des chats que des chiens.
les espèces les plus sensibles à la perte dʼun être cher sont celles qui obéissent à des structures sociales complexes, telles que les primates, les éléphants et les chiens
beaucoup peuvent arrêter de manger ou adopter un comportement destructeur après la perte dʼun être cher
Si vous devez faire piquer un de vos animaux domestiques, envisagez de le faire en présence de lʼautre. Laissez-le passer un peu de temps auprès du corps, le sentir. Il reconnaîtra la présence de la mort.
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