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Jeudi 23 Septembre 2021
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Média participatif sur la condition animale

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Média participatif sur la condition animale

Le Conseil d'Etat frappe d'illégalité la cruelle chasse à la glu

Ce contenu est, implicitement ou non, plutôt défavorable au changement de statut des animaux en tant qu’êtres soumis aux caprices de la brutalité humaine.
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Synthèse
Article-source publié le
 29 juin 2021
Extrait de l'article
Les grives font partie des victimes de cette chasse d'un autre âge. (Crédits : Chantelat / SIPA)
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Suspendue depuis l’été 2020, la chasse à la glu a définitivement été jugée illégale par la plus haute juridiction administrative française, lundi 28 juin, mettant un terme à des années de bataille entre partisans et adversaires de cette méthode de capture.

Suspendue depuis l’été 2020, la chasse à la glu a définitivement été jugée illégale par la plus haute juridiction administrative française, lundi 28 juin, mettant un terme à des années de bataille entre partisans et adversaires de cette méthode de capture.

Après avoir interrogé la justice européenne, qui avait estimé, en mars, que cette technique de piégeage cause un dommage « irrémédiable » à tous les oiseaux capturés, le Conseil d’Etat a annulé les dérogations accordées par l’Etat pour cette chasse, jugée « contraire au droit européen ».

Cette méthode de chasse dite « traditionnelle » est pratiquée dans cinq départements du sud-est de la France (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Var). Destinée aux grives et aux merles, elle consiste à piéger des oiseaux sur des tiges enduites de colle, appelées gluaux. Les oiseaux ainsi capturés sont mis en cage et servent, par leurs chants, à en attirer d’autres pour les chasseurs.

Les défenseurs de l’environnement et de la cause animale se battent depuis des années en justice pour la faire interdire, dénonçant une méthode « cruelle » et non sélective qui conduit à la capture d’autres oiseaux que ceux visés, y compris des espèces protégées. Les chasseurs assurent que les oiseaux capturés par erreur sont nettoyés et relâchés.

Se prendre des plumes dans de la colle pour ensuite être enfermé dans une cage, voilà une cruauté invisible à l'oeil des chasseurs. (Crédits : Twitter)

Jusqu’en 2019, la justice administrative avait régulièrement débouté les adversaires de la chasse à la glu, qui attaquaient chaque année les arrêtés gouvernementaux dérogeant à la directive « Oiseaux » de l’Union européenne (UE). Celle-ci interdit les « méthodes de capture (…) non sélective », sauf quand « il n’existe pas d’autre méthode satisfaisante » que les méthodes traditionnelles.

A la fin de 2019, le Conseil d’Etat s’était tourné vers la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour se prononcer sur le bien-fondé de ces dérogations. En attendant cette décision, Emmanuel Macron, arbitrant contre les chasseurs et en faveur de la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, avait annoncé à la fin d’août 2020 la suspension de la chasse à la glu, en ne reconduisant pas le quota d’environ 40 000 oiseaux pouvant être capturés dans les cinq départements concernés (…)

Dégâts irrémédiables non-sélectifs

« En dépit d’un nettoyage, les oiseaux capturés subissent un dommage irrémédiable, les gluaux étant par nature susceptibles d’endommager le plumage de tous les oiseaux capturés », avait répondu la CJUE en mars. La chasse à la glu avait dès lors du plomb dans l’aile – la France était le dernier pays d’Europe à pratiquer. Logiquement, le Conseil d’Etat a rendu, lundi, une série de décisions la rendant illégale, annulant tous les décrets dérogatoires contestés.
Le Conseil d’Etat relève dans un communiqué que « ni le gouvernement ni la Fédération de chasseurs [FNC] n’ont apporté de preuves suffisantes » permettant d’affirmer que d’autres espèces ne sont pas piégées ou que « les oiseaux capturés accidentellement ne subiraient que des dommages négligeables, une fois relâchés et nettoyés ». Par ailleurs, il estime que « le seul objectif de préserver ces traditions ne suffit pas à justifier une dérogation aux interdictions de principe que pose la directive » européenne et qu’il n’a pas été démontré qu’aucune solution alternative ne serait possible.

(…)

Willy Schraen, président de la FNC, estime de son côté que les arrêtés pourraient être repris et mieux argumentés si le gouvernement en avait la volonté, replaçant le débat sur le terrain politique. « Qu’on leur fiche la paix avec leurs traditions, ils chassent des quantités infinitésimales sans aucune incidence sur les espèces », réagit-il à l’AFP. « L’action punitive contre le monde rural continue. Mais on a bien vu que la ruralité s’est beaucoup exprimée dans cette élection, et nous reviendrons à la charge, » lance-t-il au lendemain des scrutins régionaux et départementaux… et à dix mois de la présidentielle.

Article indexé par Franck Isaac
Article traduit par Franck Isaac

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La pétition en ligne ici
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Crédits : Sud Radio
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Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)
Morceaux choisis
le Conseil d’Etat a annulé les dérogations accordées par l’Etat pour cette chasse, jugée « contraire au droit européen »
Cette méthode de chasse dite « traditionnelle » est pratiquée dans cinq départements du sud-est de la France (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Var). Destinée aux grives et aux merles, elle consiste à piéger des oiseaux sur des tiges enduites de colle, appelées gluaux.
Le Conseil d’Etat relève dans un communiqué que « ni le gouvernement ni la Fédération de chasseurs [FNC] n’ont apporté de preuves suffisantes » permettant d’affirmer que d’autres espèces ne sont pas piégées ou que « les oiseaux capturés accidentellement ne subiraient que des dommages négligeables, une fois relâchés et nettoyés ». Par ailleurs, il estime que « le seul objectif de préserver ces traditions ne suffit pas à justifier une dérogation aux interdictions de principe que pose la directive »
« Qu’on leur fiche la paix avec leurs traditions, ils chassent des quantités infinitésimales sans aucune incidence sur les espèces » (Willy Schraen, président de la FNC)
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Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)
le Conseil d’Etat a annulé les dérogations accordées par l’Etat pour cette chasse, jugée « contraire au droit européen »
Cette méthode de chasse dite « traditionnelle » est pratiquée dans cinq départements du sud-est de la France (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Var). Destinée aux grives et aux merles, elle consiste à piéger des oiseaux sur des tiges enduites de colle, appelées gluaux.
Le Conseil d’Etat relève dans un communiqué que « ni le gouvernement ni la Fédération de chasseurs [FNC] n’ont apporté de preuves suffisantes » permettant d’affirmer que d’autres espèces ne sont pas piégées ou que « les oiseaux capturés accidentellement ne subiraient que des dommages négligeables, une fois relâchés et nettoyés ». Par ailleurs, il estime que « le seul objectif de préserver ces traditions ne suffit pas à justifier une dérogation aux interdictions de principe que pose la directive »
« Qu’on leur fiche la paix avec leurs traditions, ils chassent des quantités infinitésimales sans aucune incidence sur les espèces » (Willy Schraen, président de la FNC)

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