Mercredi 25 Novembre 2020

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La première pierre de "l'égalité animale"

Ce contenu est, implicitement ou non, plutôt défavorable au changement de statut des animaux en tant qu’êtres soumis aux caprices de la brutalité humaine.
Contenu issu d’un livre, d’une revue, d’un magazine
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Synthèse
Article-source publié en
 septembre 1991
Contenu central
l'Egalité Animale selon Dana Ellyn
Doit-on accorder des privilèges à certains animaux plus qu'à d'autres ? (Crédits : Dana Ellyn)
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Il est difficile d’argumenter une lapalissadeAffirmation d’une évidence immédiatement perceptible. Elle peut également être utilisée en rhétorique politique pour faire passer de fausses idées, en profitant de l’impression de vérité et d’évidence qu’il dégage., tout ce que l’on peut en dire étant par avance superflu. Si une phrase tautologiquePhrase ou un effet de style ainsi tourné que sa formulation ne puisse être que vraie. ne convainc pas d’elle-même de sa vérité toute personne sensée, alors quel argument, quel autre développement le pourra ?

(…)

La thèse antispéciste est celle-ci : les intérêts égaux sont égaux.
L’égalité qu’elle défend, c’est l’affirmation selon laquelle lorsque deux êtres sont porteurs d’intérêts de même grandeur, de même importance, alors lesdits intérêts sont aussi importants l’un que l’autre, aussi grands, indépendamment de toute autre caractéristique possédée par ces êtres, de leur couleur de peau comme de leur intelligence. On pourra discuter du sens du mot intérêt ; celui que je lui donne est l’intérêt qu’a tout être sensible à ne pas souffrir, à éprouver le plaisir, le bonheur, et pour cela à continuer à exister.

On contestera peut-être aussi l’identité que je suggère entre la grandeur et l’importance d’un intérêt.
L’importance d’un intérêt, c’est la force avec laquelle cet intérêt importe. Elle dépend de l’intensité et de la durée de la souffrance qu’il s’agit d’éviter, ou du plaisir qu’il s’agit de provoquer ; elle ne dépend pas directement de l’intelligence de l’être dont c’est l’intérêt, pas plus que du nombre de ses chromosomes. Et un intérêt qui importe, c’est, sauf paralysie, un intérêt qui pousse à agir.
La grandeur d’un intérêt correspond ainsi à l’importance qui lui est donnée lorsqu’une décision est à prendre.

(…)

Si nous proclamons juste de prendre en compte un intérêt autre que le nôtre, ce ne peut être qu’en fonction du fait qu’il s’agit d’un intérêt, et non en fonction du rapport qu’a à nous l’être dont c’est l’intérêt, ni en fonction du rapport que cet être a à notre interlocuteur. C’est cela qui rend injuste le racisme et le sexisme.
Un acte ne peut être juste ou injuste selon que l’auteur de l’acte et celui qui le subit appartiennent ou non au même groupe. Ce n’est pas le fait d’être blanc, ni celui de parler à un Blanc, qui peut tout-à-coup rendre vraie la proposition : « Il est juste de réduire les Noirs en l’esclavage ». Et de même est injuste le spécisme. Ce n’est pas le fait d’être humain, ni celui de n’avoir comme interlocuteurs au sens propre que des humains, qui peut rendre juste l’esclavage des non-humains.

Jeune renardeau fourrure
Pourquoi dépiauter futilement un être animal serait-il acceptable, quand cet acte serait jugé horrible appliqué aux humains ?

Parmi les animaux : les humains. Deux conséquences, donc, à l’égalité animale :

1. Les intérêts de tous les animaux non humains doivent être pris en compte avec le même poids que s’il s’agissait d’intérêts humains. Nous ne demandons pas la prise en compte des intérêts non humains dans les interstices des intérêts humains. Nous demandons l’égalité.

2. L’égalité animale implique l’égalité humaine, et les intérêts de tous les humains doivent être pris en compte de façon égale, que ces humains soient blancs ou noirs, hommes ou femmes, nés dans les pays développés ou dans ceux du Tiers-Monde ; et ceci est loin d’être le cas encore aujourd’hui.

Mais les antispécistes n’ont pas à chercher à se justifier en mettant à chaque instant en avant le fait qu’ils se préoccupent « aussi » des humains. À celui qui lutte pour l’égalité pour les Noirs américains, on ne demande pas « Que faites-vous pour les Kurdes ? », ni « Que faites-vous pour les poules ? ».
La lutte antiraciste a beaucoup passé de temps et d’énergie à vouloir démontrer l’égalité effective d’intelligence, ou de capacité au travail, ou de capacité culturelle, des différentes sortes d’êtres humains ; au point de laisser croire que l’égalité qu’elle revendique est celle-là.

(…)
 
On ne peut prétendre que les Noirs doivent être respectés autant que les Blancs parce qu’ils sont aussi intelligents qu’eux, sans suggérer que les humains moins intelligents que les autres méritent le mépris.
On ne peut prétendre fonder l’égalité des races ou des sexes humains sur la possession égale par ces groupes de quelque capacité que ce soit, sans justifier la discrimination contre ceux des humains qui, de fait, possèdent ces capacités à un degré moindre.
L’antispécisme s’oppose au mépris, et lutte pour une justice qui ne soit celle ni du plus fort, ni du plus intelligent.

Et les plantes ?

L’égalité de A et de B n’est pas contredite par l’affirmation que C, aussi, est égal à A et à B. Pas plus que l’égalité animale ne contredit l’égalité des humains, l’égalité des êtres vivants ne contredirait, si elle était vraie, l’égalité animale.
Pourtant, « les plantes » sont souvent avancées comme objection à nos thèses.

(…)

Cela dit, je ne crois pas à l’égalité des êtres vivants ; ou, plus exactement, je crois à l’égalité d’importance des intérêts de même grandeur de tous les êtres qui ont des intérêts, mais je ne crois pas que les plantes, ou les bactéries par exemple, aient des intérêts ; je ne les crois capables ni de plaisir ni de souffrance, je crois nulle la grandeur de leurs intérêts. Je ne les méprise pas ; je pense seulement qu’elles ne sont pas concernées par nos actes.

Je ne veux pas ici argumenter cela ; la question de la sensibilité des plantes est importante, mais technique, comme l’est par exemple celle des critères de non-sensibilité d’un humain en coma irréversible. On peut remplacer dans mon propos « animaux », par « êtres ayant des intérêts » ; le sens, pour moi, en sera inchangé.

Auteur(s)
David Olivier
Auteur(s) de l'œuvre
Publication complète
Revue-Source

Titre, chapô, images, intertitres, infobulles sont composés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)

Morceaux choisis
Les intérêts de tous les animaux non humains doivent être pris en compte avec le même poids que s’il s’agissait d’intérêts humains
L’égalité animale implique l’égalité humaine, et les intérêts de tous les humains doivent être pris en compte de façon égale
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La pétition en ligne ici
Crédits : Chaîne Youtube de David Olivier
Post-Scriptum

David Olivier a quitté les Cahiers Antispécistes en 2004, revue qu’il avait donc fondée en 1991.
Il s’explique longuement sur ce choix à la page suivante.

Auteur(s)
Auteur(s) de l'œuvre
Publication complète
Revue-Source

Titre, chapô, images, intertitres, infobulles
sont composés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)

Les intérêts de tous les animaux non humains doivent être pris en compte avec le même poids que s’il s’agissait d’intérêts humains
L’égalité animale implique l’égalité humaine, et les intérêts de tous les humains doivent être pris en compte de façon égale
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