Le média d'informations et de culture animalière

Vendredi 26 Février 2021

Le média d'informations et de culture animalière

Engageons-nous pour
une information complète sur
la zoodiversité et la cause animale

RÉPERTOIRES
ARCHIVAGES
HALLS
THÈMES
FORMAT
RÉACTIONS
NOUS AIDER

La chasse effrénée contre le renard roux

Ce contenu est, implicitement ou non, plutôt défavorable au changement de statut des animaux en tant qu’êtres soumis aux caprices de la brutalité humaine.
Contenu issu d’un livre, d’une revue, d’un magazine
Podcast, ou contenu audio
GF
Grand Format
Analyse
Article-source publié le
 28 octobre 2018
Contenu central
Le renard, ou goupil, est l'objet de toutes les cruautés du monde de la chasse, y compris pour des intimidations. (Crédits : Le Républicain Lorrain)
AjustezCes options sont inopérantes sous Internet Explorer 8
votre confort de lecture

Le renard roux est-il indésirable dans nos campagnes ? Accusé de terroriser la volaille, ce petit canidé, autrefois nommé goupil, traîne en effet une réputation séculaire de voleur de poules lui valant d’être pourchassé.

Conséquence : Vulpes vulpes – c’est son petit nom scientifique – est aujourd’hui considéré comme une espèce «susceptible d’occasionner des dégâts» dans la quasi-totalité des départements à l’exception de la Corse-de-Sud, de la Savoie, ou du Val-de-Marne.

En vigueur depuis 2016, cette nomenclature regroupant 19 espèces animales métropolitaines – les ex-«nuisibles» – permet le piégeage de maître renard à l’aide de différentes techniques (tir, déterrage, enfumage) à cause des «dommages importants», notamment sur le gibier aviaire (perdrix et faisans), dont il est reconnu coupable par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Et ce toute l’année.

(…)

Résultat : selon des estimations de 2014 du gendarme de la faune sauvage, 600 000 renards sont «prélevés» chaque année, en grande partie du fait de la chasse.

Effectifs inconnus

Chassé, piégé, déterré et parfois tiré de nuit au nom de la «régulation», ce canidé nocturne mérite-t-il pour autant un tel traitement ? Depuis plusieurs années, des protecteurs de la nature comme des scientifiques préoccupés par le caractère «disproportionné» des prélèvements tentent d’alerter sur le sort du goupil. En cause d’abord, l’absence de données sur les populations de renards dans l’Hexagone et leur taux de renouvellement. «Le renard fait l’objet de destructions massives toute l’année, soulève par exemple le juriste Patrick Janin, administrateur de l’Association ornithologique et mammalogique de Saône-et-Loire (AOMSL). Or, ce droit de détruire n’est pas du tout maîtrisé : nous n’avons aucune connaissance de la taille et de la dynamique des populations de l’espèce et le nombre d’animaux déclarés tués est par ailleurs sous-estimé.» «Les effectifs sont difficiles à estimer, confirme le mammalogue du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) Patrick Haffner. Mais il n’y a aucun risque de diminution des populations, c’est une espèce qui, à ce jour, réagit aux atteintes que ce soit la chasse ou l’altération des milieux naturels.» Ce qu’observe aussi l’ONCFS estimant par ailleurs la densité des populations à un renard par km2 en zone rurale.

Le renard est tué chaque année par centaines de milliers d'individus, y compris par le déterrage. (Crédits : Association des Propriétaires Agriculteurs et Chasseurs)

«Tant que la population de renard se porte bien, et même trop bien, des quotas ne se justifient pas sur le plan biologique et en vertu du principe juridique de proportionnalité, estime quant à elle la Fédération nationale des chasseurs. De plus, il faut intervenir sur le renard toute l’année car il commet des nuisances toute l’année et pas seulement en période où la chasse est autorisée, et pour cela le piégeage est nécessaire.»
Néanmoins, ces arguments sont contestés par des naturalistes qui y voient des préjugés tenaces envers l’animal. Premier d’entre eux, les dommages causés par le carnivore à poil roux sur les élevages avicoles, y compris ceux d’oiseaux destinés à la chasse, et jugés importants. «Un renard peut s’introduire dans un poulailler ou un élevage de faisans et faire quelques dégâts, souligne à ce sujet Patrick Haffner. Mais pas plus que d’autres prédateurs comme la fouine. On l’accuse parfois un peu trop facilement d’être l’auteur d’un carnage. Et puis, il existe des solutions techniques pour éviter la prédation, qui a un coût limité par rapport aux risques sanitaires dans les élevages.»

Autre grief : les maladies que le renard transmettrait à l’homme. C’est oublier que la rage vulpine, dont il a pu être longtemps vecteur, est officiellement éradiquée depuis 2001 et que l’échinococcose alvéolaire, une maladie du foie causée par un parasite, affecterait en tout et pour tout une quinzaine de personnes par an selon les scientifiques.

(…)

Timide reconnaissance par les agriculteurs et certains chasseurs

Contrairement aux idées reçues, le renard serait plus un excellent «auxiliaire» qu’un vilain fauteur de troubles. A son crédit : son appétit pour les campagnols, ces rongeurs «ravageurs» des cultures qui, rappelons-le, prolifèrent. «Le renard fait son boulot de régulation des espèces, plaide le naturaliste Patrick Haffner. Il ne va pas empêcher les rongeurs de « pulluler » mais il va aider à faire diminuer les phases de pullulation des campagnols fouisseurs par exemple, à tel point que dans l’Est les agriculteurs commencent à se demander s’il ne faut pas compter avec les renards.»

«Certains chasseurs ont compris l’intérêt de préserver le renard sur leur territoire», complète Franck Vigna, porte-parole du Collectif renard Grand-Est. Créé il y a deux ans, ce regroupement d’une soixantaine d’associations de protection de la nature dénonce un «acharnement» au «mépris des alertes données par le monde scientifique». Ses vœux : l’arrêt des tirs de nuit et le retrait du renard roux de la liste des espèces «susceptibles d’occasionner des dégâts» voire la mise en place de quotas de chasse. Ce à quoi la Fédération nationale des chasseurs répond : «Il n’est pas exclu qu’à l’avenir de tels quotas s’avèrent nécessaires ou utiles, mais il faudra alors disposer des outils et méthodes scientifiques nécessaires pour les calculer ce qui n’est pas le cas à ce jour.»

Article indexé par Franck Isaac
La pétition en ligne ici
Crédits : France 3 Bourgogne-Franche-Comté
Auteur(s)
Florian Bardou
Auteur(s) de l'oeuvre
Publication complète
Titre, chapô, images, intertitres, infobulles
sont composés / sélectionnés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)
Morceaux choisis
selon des estimations de 2014 du gendarme de la faune sauvage, 600 000 renards sont «prélevés» chaque année, en grande partie du fait de la chasse.
Chassé, piégé, déterré et parfois tiré de nuit au nom de la «régulation», ce canidé nocturne mérite-t-il pour autant un tel traitement ? Depuis plusieurs années, des protecteurs de la nature comme des scientifiques préoccupés par le caractère «disproportionné» des prélèvements tentent d’alerter sur le sort du goupil
«Un renard peut s’introduire dans un poulailler ou un élevage de faisans et faire quelques dégâts, souligne à ce sujet Patrick Haffner. Mais pas plus que d’autres prédateurs comme la fouine. On l’accuse parfois un peu trop facilement d’être l’auteur d’un carnage. Et puis, il existe des solutions techniques pour éviter la prédation
il va aider à faire diminuer les phases de pullulation des campagnols fouisseurs par exemple, à tel point que dans l’Est les agriculteurs commencent à se demander s’il ne faut pas compter avec les renards
RECHERCHE PAR ÉTIQUETTES
Auteur(s)
Florian Bardou
Auteur(s) de l'œuvre
Publication complète
Titre, chapô, images, intertitres, infobulles
sont composés / sélectionnés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)
selon des estimations de 2014 du gendarme de la faune sauvage, 600 000 renards sont «prélevés» chaque année, en grande partie du fait de la chasse.
Chassé, piégé, déterré et parfois tiré de nuit au nom de la «régulation», ce canidé nocturne mérite-t-il pour autant un tel traitement ? Depuis plusieurs années, des protecteurs de la nature comme des scientifiques préoccupés par le caractère «disproportionné» des prélèvements tentent d’alerter sur le sort du goupil
«Un renard peut s’introduire dans un poulailler ou un élevage de faisans et faire quelques dégâts, souligne à ce sujet Patrick Haffner. Mais pas plus que d’autres prédateurs comme la fouine. On l’accuse parfois un peu trop facilement d’être l’auteur d’un carnage. Et puis, il existe des solutions techniques pour éviter la prédation
il va aider à faire diminuer les phases de pullulation des campagnols fouisseurs par exemple, à tel point que dans l’Est les agriculteurs commencent à se demander s’il ne faut pas compter avec les renards
RECHERCHE PAR ÉTIQUETTES
0 0 voter
L'article est-il instructif ?
S’abonner
Notifier de
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires