Mercredi 25 Novembre 2020

Tout être doté d'une personnalité est une personne

Le Webcurateur d’actualités animalières
Tout être vivant doté d’une personnalité est une personne
Annuaires évènementiel & associatif animaliers
|
|
RÉPERTOIRES
ARCHIVAGES
HALLS
THÈMES
FORMAT
RÉACTIONS
NOUS AIDER

Accélération de l'écocide agricole des oiseaux des champs

Ce contenu est, implicitement ou non, plutôt défavorable au changement de statut des animaux en tant qu’êtres soumis aux caprices de la brutalité humaine.
Contenu issu d’un livre, d’une revue, d’un magazine
Podcast, ou contenu audio
GF
Grand Format
Synthèse
Article-source publié le
 20 mars 2018
Contenu central
AjustezCes options sont inopérantes sous Internet Explorer 8
votre confort de lecture

Les chiffres révélés en ce premier jour du printemps par le Muséum d’histoire naturelle et le CNRS ont de quoi faire frémir.

« Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans », révèlent les organismes de recherche à travers deux études.

La première a été menée à l’échelle nationale grâce à un programme de sciences participatives porté par le Muséum. Elle met en évidence les pertes les plus importantes parmi les espèces spécialistes des milieux agricoles comme l’alouette des champs, la fauvette grisette ou le bruant ortolan. Loin d’être enrayé, le déclin s’est même accéléré ces deux dernières années.

La deuxième étude a été menée à une échelle locale par le CNRS dans une zone atelier située dans les Deux-Sèvres. « En 23 ans, toutes les espèces d’oiseaux de plaine ont vu leurs populations fondre : l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées », révèle le CNRS.

L'alouette des Champs
L'alouette des Champs, en fort déclin, est symptomatique de l'impossibilité progressive des oiseaux des champs à survivre en milieu agricole.
Fin des jachères, nitrates et pesticides

Ces deux études mettent clairement en évidence la corrélation entre ces baisses de population d’oiseaux et les pratiques agricoles intensives, même si elles ne démontrent pas scientifiquement le lien de causalité.
En effet, alors que des espèces généralistes adaptables comme le pigeon ramier, le merle noir, la mésange charbonnière ou le pinson des arbres ne déclinent pas à l’échelle nationale, leur population diminue aussi lorsqu’elles fréquentent les milieux agricoles, explique Benoît Fontaine, co-responsable du programme de sciences participatives au Muséum.

Les deux organismes de recherche mettent en avant plusieurs facteurs liés à l’intensification des pratiques agricoles, plus particulièrement depuis 2008-2009 : fin des jachèresÉtat d’une terre labourable qu’on laisse temporairement reposer en ne lui faisant pas porter de récolte imposées par la politique agricole commune, flambée des cours du blé, sur-amendementUn amendement est un matériau apporté à un sol pour améliorer sa qualité agricole. au nitrateLe nitrate est un composant chimique naturel (un atome d’azote et trois d’oxygène), très soluble dans l’eau, à l’origine d’une pollution des eaux douces (de surface et souterraine) et de l’eau de mer, car déversé en trop grandes quantités pour être totalement assimilé par les plantes. L’excédent est alors transporté par les pluies et dispersé dans les eaux. On considère aujourd’hui que l’agriculture est responsable des 2/3 de la pollution en nitrate des eaux, qui favorise le phénomène d’eutrophisation (modification du milieu) et nuit à la biodiversité : des algues et des micro-organismes qui se nourrissent du nitrate prolifèrent et consomment une grande partie de l’oxygène présent dans l’eau, ce qui peut asphyxier les poissons et les crustacés. Le phénomène des « marées vertes » en est un des exemples., généralisation des insecticides néonicotinoïdes.Classe d’Insecticides neurotoxiques, très fréquemment utilisés de par le monde, et leur succès tient notamment à l’impact plus modéré de leur toxicité sur les neurones des mammifères, par rapport aux précédents insecticides utilisés. Ils sont cependant pointés du doigt car accusés d’être à l’origine du déclin des populations d’abeilles, mais aussi de ne pas être inoffensifs pour l’Homme.

Si les causes semblent multifactorielles, le rôle des pesticides semble prépondérant. Une étude scientifique, révélée en février dernier par l’Office de la chasse et de la faune sauvage, a démontré l’intoxication directe des oiseaux via la consommation de graines traitées par les néonicotinoïdes. Mais la menace est aussi indirecte avec l’effondrement des populations d’insectes comme l’a montré en octobre dernier l’étude allemande révélant que plus de 75% des insectes avaient disparu outre-Rhin depuis 1989.

« Les scientifiques savent que la biodiversité s’effondre, mais nous avons été frappés par l’accélération du phénomène », explique Benoît Fontaine. Or, les oiseaux sont en bout de chaîne et traduisent ce qui se passe dans les différentes composantes de la biodiversité, ajoute le chercheur. « On atteint un niveau proche de la catastrophe écologique », alertent les deux organismes de recherche qui annoncent dès cette année un « printemps silencieux » dans de nombreuses régions de plaines céréalières, en référence à l’ouvrage de la biologiste américaine Rachel Carson paru en 1962.

« Si cette situation n’est pas encore irréversible, il devient urgent de travailler avec tous les acteurs du monde agricole pour accélérer les changements de pratiques ; et d’abord avec les agriculteurs qui possèdent aujourd’hui les clés pour infléchir la tendance », alertent les organismes de recherche à l’attention des politiques. Et ce, d’autant plus, que les agriculteurs seront les premières victimes de la disparition des pollinisateurs et de la micro-faune présente dans les sols. Or, pour l’instant, les changements de pratiques agricoles restent anecdotiques, estime M. Fontaine.

Auteur(s)
Laurent Radisson
Auteur(s) de l'œuvre
Publication complète

Titre, chapô, images, intertitres, infobulles sont composés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)

Morceaux choisis
Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans
l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées
Si les causes semblent multifactorielles, le rôle des pesticides semble prépondérant
Les scientifiques savent que la biodiversité s’effondre, mais nous avons été frappés par l’accélération du phénomène
les oiseaux sont en bout de chaîne et traduisent ce qui se passe dans les différentes composantes de la biodiversité
RECHERCHE PAR ÉTIQUETTES
La pétition en ligne ici
Post-Scriptum
Auteur(s)
Auteur(s) de l'œuvre
Publication complète

Titre, chapô, images, intertitres, infobulles
sont composés par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)

Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans
l’alouette perd plus d’un individu sur trois (-35%) ; avec huit individus disparus sur dix, les perdrix sont presque décimées
Si les causes semblent multifactorielles, le rôle des pesticides semble prépondérant
Les scientifiques savent que la biodiversité s’effondre, mais nous avons été frappés par l’accélération du phénomène
les oiseaux sont en bout de chaîne et traduisent ce qui se passe dans les différentes composantes de la biodiversité
RECHERCHE PAR ÉTIQUETTES
0 0 voter
L'article est-il instructif ?
S’abonner
Notifier de
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires