La tribune de Paul Ariès contre le véganisme

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Article-source publié le
 23 février 2019

Tribune

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 23 février 2019
Titulaire d’un doctorat de sciences politiques, le politologue Paul Ariès mène une croisade contre le véganisme qu’il accuse de tous les maux par la diffusion de mensonges auprès du grand public. Opposant idéologies écologistes et véganes, cette tribune est le prolongement de son ouvrage “Lettre ouverte aux mangeurs de viande qui souhaitent le rester sans culpabiliser”.
Paul Ariès
Paul Ariès, politologue français, a des opinions bien tranchées sur le mouvement végane. (Crédits : Fred Dufour / AFP)

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Le véganisme a le vent en poupe avec le soutien actif des grands médias : qu’on songe à l’appel des 200 personnalités du show-biz en faveur des « lundis sans viande » ou à la consigne donnée par le Forum économique de Davos de consommer moins de viande. Tout cela semble joli mais repose sur l’instrumentalisation de bons sentiments… Nous avons donc décidé de construire une réponse collective face aux dangers du véganisme.

Le collectif No-Vegan est une initiative d’éleveurs, de professionnels des métiers de bouche, de mangeurs, de chercheurs qui estiment indispensable d’arracher son masque à cette idéologie, au nom de l’écologie et du droit à l’alimentation pour tous.

C’est bien en tant qu’écolos que nous avons choisi de publier la Lettre ouverte aux mangeurs de viande qui souhaitent le rester sans culpabiliser et de relayer l’appel lancé du côté producteurs, par la Confédération paysanne, le Modef, Nature et Progrès, Biolait, etc., et du côté des consommateurs par Slow food, les Amap, etc. appel signé également par de nombreux députés France insoumise, Parti communiste français, élus Europe Écologie Les Verts, Génération.s, des personnalités de l’écologie et de l’altermondialisme comme Fabrice Nicolino, Jacques Testart, etc.

C’est bien au nom de l’écologie que nous dénonçons la dépolitisation de la question agricole. Non, la faim dans le monde n’est pas la conséquence d’un régime alimentaire, la responsabilité incombe à la privatisation du vivant, au vol des terres, à la casse de l’agriculture vivrière, au gaspillage alimentaire, aux choix technologiques et financiers effectués au nom de la course au profit maximal. Non, l’élevage n’est pas en soi responsable du réchauffement climatique, puisqu’une prairie avec ses vaches est un puits et non une source de carbone. Non, l’élevage n’est pas en soi responsable de la crise sur l’eau potable et dire qu’il faut 15.000 litres d’eau pour produire un kilogramme de bœuf est à la fois vrai et faux, car 3 % seulement de cette eau est réellement consommée, 3 % servent à l’assainissement, tandis que 94 % sont de l’eau verte qui reste dans les herbages.

La vraie opposition n’est donc pas entre protéines animales et végétales mais entre, d’un côté, production industrielle de protéines végétales et animales et, d’un autre côté, agriculture paysanne et élevage fermier. Les « lundis sans viande » ne sont pas, pour cette raison, nécessairement plus écolos, tout dépend quelle viande on supprime et par quoi on la remplace. C’est pourquoi nous militons pour des « journées 100 % viandes et végétaux issus de l’agriculture et de l’élevage paysans ».

(…)

Illusions technologiques des véganes

L’agriculture végane serait incapable de nourrir huit milliards d’humains et la seule solution pour remplacer le fumier animal serait toujours plus d’engrais chimique, de produits phytosanitaires, bref tout ce qui détruit la terre, l’humus et les insectes.
La plus grande hécatombe animale ne concerne pas la viande d’élevage mais les vers de terre. L’agriculture végane risque fort d’être le cheval de Troie des biotechnologies alimentaires, dans le domaine de l’élevage, avec la production de faux laits, de faux fromages, de fausses viandes, fabriquées, par exemple, à partir de cellules souches. Le lobby pro-fausses viandes réunit les plus grands PDG de la planète, comme Bill Gates, Sundar Pichai (Google), Richard Branson (Virgin), etc.

La situation animale n’en serait pas pour autant améliorée, puisque l’agriculture tue beaucoup plus d’animaux que l’élevage (25 fois plus pour la production de blé), tout jardinier sait qu’il faut éliminer les limaces pour pouvoir manger des salades. Les véganes les plus conséquents admettent que la prédation humaine (alimentation carnée) n’est qu’une goutte d’eau dans l’ensemble de la prédation, c’est pourquoi ils proposent de modifier génétiquement, voire de supprimer les espèces prédatrices, au nom d’une nature aseptisée, d’un refus revendiqué de la biodiversité animale.

Impossible Burger
La "viande végétale" de "Impossible foods" qui reproduit presque à la perfection le goût et la texture de la viande animale. (Crédits : Impossible Foods)

Si je suis anti-végane, c’est d’abord pour défendre le droit à la vie des animaux d’élevage et domestiques !
Tout oppose les écolos et les antispécistes véganes du point de vue de la pensée ; les écolos pensent en termes de protection des espèces et des écosystèmes, de défense des droits de la terre, alors que les véganes, conséquents avec les prémisses de leur système, pensent en termes d’individus, de réduction de la biodiversité animale, etc.
Les véganes ne sont pas du côté de la méfiance envers les biotechnologies mais d’une foi béate dans la technoscience salvatrice, le bon Aymeric Caron refuse, par exemple, de condamner tous les OGM ou la viande cellulaire (…)

Le prototype d’une ferme bio a toujours été et restera toujours une ferme polyvalente avec de l’élevage et de l’agriculture, une ferme qui produit à la fois des légumes, des fruits, de la viande, du lait, mais aussi de la bonne terre.
J’appelle les défenseurs du bien-être animal à rejoindre la mobilisation en faveur de l’abattage sur place, dont le slogan « naître, vivre et mourir à la ferme » constitue un pied de nez à l’industrialisation monstrueuse de la production des protéines animales. Ce serait bon pour les animaux, pour les éleveurs, pour les personnels des abattoirs mobiles, pour les mangeurs, pour la défense des écosystèmes et de la biodiversité.

Paul Ariès
(né en 1959)

Crédits : Demos Kratos

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Texte central

Franck Isaac

Titre, chapô, images, intertitres, infobulles
sont choisis / produits par Canal Animal.
Les omissions au texte-source sont signalées par le sigle (…)

Morceaux choisis

“La vraie opposition n’est donc pas entre protéines animales et végétales mais entre, d’un côté, production industrielle de protéines végétales et animales et, d’un autre côté, agriculture paysanne et élevage fermier”
“Le lobby pro-fausses viandes réunit les plus grands PDG de la planète, comme Bill Gates, Sundar Pichai (Google), Richard Branson (Virgin), etc.”
“Tout oppose les écolos et les antispécistes véganes du point de vue de la pensée ; les écolos pensent en termes de protection des espèces et des écosystèmes, de défense des droits de la terre, alors que les véganes, conséquents avec les prémisses de leur système, pensent en termes d’individus, de réduction de la biodiversité animale, etc.”
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Non, je rejette en bloc à 100% toutes les idéesNon, je ne suis pratiquement d'accord sur rienNon, c'est assez médiocre, à 2 ou 3 détails prèsNon, c'est à peine passableJe ne suis qu'à moitié convaincu.eOui, c'est plutôt pas malOui, c'est globalement bien vuOui, c'est plutôt très bienOui, c'est excellentOui, c'est parfait à 100%

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Post-Scriptum de Franck Isaac

Paul Ariès est l'exemple typique de l'homme utilisant sa notoriété pour faire passer son message comme rigoureusement vrai, alors qu'il n'a ni les références scientifiques, ni un quelconque vécu végane pouvant renforcer la crédibilité de sa tribune.
Cette technique bien connue des psychologues s'appelle "le biais d'autorité".
C'est-à-dire que l'individu lambda a tendance à penser que les affirmations d'une personne connue sont tenues pour plutôt vraies.
Quand Donald Trump prétend qu'il est certainement le président le plus intelligent de l'histoire américaine, beaucoup de gens vont naturellement croire cette affirmation parce que Donald Trump est connu. Ne pas oublier qu'affirmer sans démontrer relève de la croyance, et certainement pas de la vérité factuelle qu'on ne veut parfois, ni voir, ni entendre.

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