La bataille des Amérindiens pour sauver les bisons de l’extinction

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Article publié le
 7 février 2019

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La silhouette si caractéristique du bison, son allure de créature échappée de la préhistoire et son histoire si intimement mêlée à celle des Amérindiens font du bison un animal emblématique des grands espaces américains. 
Si la majorité des 500 000 bisons qui vivent aujourd’hui aux Etats-Unis sont concentrés dans les parcs nationaux, notamment dans le Yellowstone, on assiste depuis quelques années à une vraie renaissance du bison sauvage.

Dans le nord-est du Montana, ils sont désormais plusieurs centaines à paître dans des prairies qui ne sont ni un parc national ni un espace protégé, mais des terres tribales. Elles appartiennent aux tribus Assiniboine et Sioux de la réserve de Fort Peck. Ce troupeau est un symbole éclatant des efforts que mènent les populations autochtones d’Amérique du Nord pour ramener le bison à la vie.

Interrogé par The Guardian, Leroy Little Bear, professeur à l’Université de Lethbridge et chef de file des efforts de restauration du bison avec la tribu des Blood, a rappelé que le bison jouait un rôle à la fois « culturel et spirituel » dans la vie de nombreuses tribus.

Leroy Little Bear en 2016, chef de file du programme de réintroduction des bisons (Crédit : The Alberta Order of Excellence)
Jusqu’à la Cour Suprême

S’il fut décimé par les colons dans le but d’affamer les indiens, son importance dans la vie des peuples autochtones allait en réalité bien au-delà de cet aspect purement alimentaire : « Si vous êtes chrétien et que vous ne voyez pas de croix ou d’église, il n’y pas d’élément externe, pas de notion iconique symbolique qui nourrit vos croyances. C’est la même chose pour le bison ».

Les tribus de Fort Peck ont eu l’idée de prélever plusieurs bisons du Parc de Yellowstone afin de les réimplanter sur leurs terres.
Ils se sont longtemps heurtés à l’hostilité des éleveurs de bovins des abords du parc qui faisaient chaque année abattre plus de 1000 bisons, craignant qu’ils ne contaminent leurs troupeaux, de nombreux bisons étant en effet porteur de la brucellose, une maladie qui peut être transmise à l’humain. S’il ne restait qu’une vingtaine de spécimens à la fin du XIXe siècle, il y a aujourd’hui plus de 4000 bisons dans tout le Yellowstone.

Les tribus se sont battues pendant plus de six ans contre la législation anti bison du Montana, avant d’obtenir gain de cause à l’unanimité devant la Cour Suprême. Le premier bison est finalement arrivé en 2012. 60 animaux qui furent accueillis avec un immense enthousiasme, comme le raconte Jonathan Proctor, directeur du programme Rockies and Plains qui travaille depuis des années au côté des tribus pour ramener le bison : « Il y a eu une grande fête, beaucoup de gens de la communauté sont venus. C’était absolument merveilleux à voir ! »

La vie amène la vie

Deux ans après le retour du bison, les premiers effets positifs ont été observés sur l’environnement. « Nous avons vu l’écosystème renaître. Les oiseaux des prairies sont de retour, les herbes indigènes sont en plein essor » s’est enthousiasmé Jonathan Proctor. 

D’autres animaux ont depuis été importés et le troupeau de Fort Peck n’a cessé de croître, atteignant aujourd’hui 340 bêtes. 
En 2014, 13 tribus, représentant 8 réserves aux Etats-Unis et au Canada, ont signé « Le traité du bison ». Un traité qui soulignait la nécessité de ramener des bisons en liberté sur leurs terres originelles. L’objectif des tribus engagées dans ce combat à Fort Peck est de parvenir à recréer un troupeau de plus de 2500 bisons. Elles sont déjà adopté une résolution pour acheter plus de terres.

Le directeur du programme Rockies and Plains a confié au Guardian que les indiens étaient la clé, non seulement de la préservation du bison mais aussi de celle des loups, des renards ou des grizzlis. Robert Magnan, en charge du Programme sur les bisons à Fort Peck s’est lui aussi ému de l’engagement des peuples amérindiens : « C’est incroyable ! Avec des budgets limités et une pauvreté généralisée, les [tribus amérindiennes] sont le chef de file en matière de restauration de la faune. Ils font plus que l’agence nationale pour la vie sauvage. »

Interrogé par le Figaro en 2018 sur les Etats-Unis, l’écrivain français Sylvain Tesson avait déclaré qu’un pays qui s’était bâti sur un génocide, celui des indiens, et un zoocide, celui des bisons, ne l’intéressait pas. Quelle plus belle image aujourd’hui que celle d’un peuple décimé qui se bat pour en ramener un autre à la vie.

Esther Buitekant

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Esther Buitekant

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“S’il ne restait qu’une vingtaine de spécimens à la fin du XIXe siècle, il y a aujourd’hui plus de 4000 bisons dans tout le Yellowstone.”
“Nous avons vu l’écosystème renaître. Les oiseaux des prairies sont de retour, les herbes indigènes sont en plein essor.”
“les indiens [sont] la clé, non seulement de la préservation du bison mais aussi de celle des loups, des renards ou des grizzlis.”
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